Les révélations du quotidien « Le Soir » embarrassent «Joseph Kabila» /CONGOINDEPENDANT

Les révélations du quotidien « Le Soir » embarrassent «Joseph Kabila»

Quatre jours après les révélations du quotidien « Le Soir » (édition du weekend daté du 29 octobre 2016) sur les magouilles financières qui éclaboussent la fratrie « Kabila », les « communicateurs » du pouvoir kabiliste se taisent dans toutes les langues. « Joseph Kabila » paraît, cette fois-ci, pris la main dans le sac. Des questions restent sans réponse. Dircab adjoint à la Présidence de la République, Jean-Pierre Kambila opte pour la facilité en parlant de « coalition antiKabila »…via son compte Twitter.

Quatre jours après les confidences faites au « Soir » par le Congolais Jean-Jacques Lumumba, ancien chef du « département des Engagements » à la BGFI, les « bretteurs » attitrés de la Kabilie (Lambert Mende Omalanga, Yves Kisombe, André-Alain Atundu Liongo, Emmanuel Ramazani Shadari etc .) n’ont pas organisé le « one man show » habituel. Et pourtant. L’opinion congolaise attend recevoir des réponses claires et nettes sur quelques questions.

Compte parallèle

Primo : Pourquoi « Joseph Kabila » et son Premier ministre Augustin Matata ont-ils bloqué le processus électoral en prétextant un « manque d’argent » alors que le compte de la CENI (Commission électorale nationale indépendante) ouvert à la BGFI – une banque dirigée par un membre de la fratrie « Kabila » du nom de Selemani Francis Mtwale – présentait un solde créditeur d’un import de 55 millions $ ?

Secundo : Pourquoi la CENI a ouvert un compte parallèle dans cette même banque pour y loger un prêt d’un montant de 25 millions $ ?

Tertio : A quel titre, les dames Kibango Mujinga Doris (350.000 $), Lenge Upungu Christelle (700.000 $ et 1.500.000 $), Claire Kisula (1.065.000$) ont été payées via des chèques tirés sur ce compte parallèle de la CENI ?

Quarto : Pourquoi la Banque centrale du Congo a fait, le 29 novembre 2013, un versement de 42,999 millions $ au crédit du compte de la société privée « Egal », ex-Congo Futur, ouvert à la BGFI avec mention « provision investissement » ? La liste des interrogations n’est pas exhaustive.

Dans son édition datée du mercredi 2 novembre, « Le Soir », sous la plume de Colette Braeckman, est revenu à la charge en faisant état d’une « réaction » émanant du « dircab adjoint » à la Présidence de la République. Il s’agit de Jean-Pierre Kambila. Celui-ci parait sur la défensive.

En lieu et place d’un droit de réponse en bonne et due forme, le dircab adjoint a publié une « succession de tweets » sur son compte Twitter. Il écrit que « qui ignore que la RDC était en guerre et qu’il fallait financer la défense du pays ? » Ouvrons la parenthèse.

Le même argument est ressassé par le communicateurs de la mouvance kabiliste pour « justifier » la somme d’un milliard affecté par le gouvernement en 2014 à des dépenses non budgétisés. Un rapport de la Cour de comptes accuse. La guerre est devenue, pour le « clan kabiliste », une « arme fatale » pour justifier l’injustifiable. Fermons la parenthèse.

»Coalition occidentale antiKabila »

A en croire Kambila – qui est le seul à croire en ses propres mensonges -, les détournements de deniers publics dénoncés par « Jean-Jacques» ont une justification : la guerre. Selon lui, Jean-Jacques Lumumba s’est rendu coupable de « trahison » pour avoir  » divulgué un des moyens du financement de la défense du pays ».

Adepte de la « théorie du complot», le dircab adjoint y voit une action initiée par une prétendue «coalition occidentale antiKabila » laquelle serait passée « à la vitesse supérieure ».

Interrogé par l’AFP, Jean-Pierre Kambila a changé de fusil d’épaule en qualifiant les faits divulgués de « montages grossiers et ridicules ». Le but, selon lui, est de « nuire aux autorités congolaises». Pour lui, il n’y a eu « aucun détournement » encore moins une « infraction » dans les révélations faites par l’ex-chef du département Engagements de la BGFI.

Contacté par la même source, le président de la CENI Corneille Nangaa se dit droit dans ses bottes. Il dénonce  » les liens établis « , selon lui,  » abusivement entre les transactions effectuées à BGFI Bank et la non-tenue des élections « .  » C’est un discours malhonnête », a-t-il affirmé sans esquisser la moindre démonstration de sa thèse.

Dans ce Congo-Kinshasa où l’appareil d’Etat est contrôlé par  » Joseph Kabila  » et ses affidés qui lui doivent leur ascension social, il est illusoire d’escompter l’ouverture d’une enquête judiciaire digne de ce nom pour faire toute la clarté sur cette affaire. La mouvance kabiliste étant majoritaire au Sénat et à l’Assemblée nationale, la mise sur pied d’une commission parlementaire, souhaitée par le sénateur Jacques Djoli, sera l’occasion d’enterrer cette scandaleuse affaire.

Peu importe les motivations ayant guidé la journaliste Colette Braeckman – réputée jusqu’ici comme pro-Kabila -, les informations publiées par « Le Soir » semblent sonner l’agonie d’un régime qui n’a réalisé qu’un seul « exploit ». Celui d’avoir réduit le Grand Congo en une sorte d’« idiot du ‘village Afrique centrale’».

Baudouin Amba Wetshi
© Congoindépendant 2003-2016

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