Kinshasa bloque l’enquête sur les récentes violences, accuse l’ONU/ VOA

Kinshasa bloque l’enquête sur les récentes violences, accuse l’ONU

il y a 4 heures

Des policiers congolais déployés à Kinshasa, 19 septembre 2016.
Des policiers congolais déployés à Kinshasa, 19 septembre 2016.

L’ONU a dénoncé vendredi les « restrictions » imposées par les autorités de la République démocratique du Congo (RDC) à son travail d’enquête sur les violences ayant fait des dizaines de morts lors des manifestations de l’opposition en septembre à Kinshasa.

Les enquêtes et accès à l’information sur les violences et violations des droits de l’homme perpétrées lors de ces manifestations « ont été entravés par plusieurs restrictions », dénonce le Bureau conjoint des Nations unies aux droits de l’homme (BCNUDH) en RDC dans son rapport préliminaire publié vendredi.

« Les équipes du BCNUDH se sont notamment vues refuser, sur instruction de hauts fonctionnaires, l’accès à certains centres de détention ainsi qu’à des registres officiels de certaines morgues et hôpitaux publics depuis le 21 septembre 2016 », ajoute le document.

« Le refus d’accès a donc considérablement entravé le travail du BCNUDH » qui a « documenté plus de 422 victimes de violations des droits de l’homme par des agents étatiques », indique le BCNUDH, soulignant que le nombre de « violations des droits de l’homme pourrait être beaucoup plus important ».

Dans ce rapport, le BCNUDH dénonce en outre « un usage disproportionné et excessif de la force, y compris létale, par les autorités congolaises en réponse aux manifestations organisées par les membres de l’opposition ».

Les autorités congolaises n’étaient pas joignables vendredi pour réagir à ces allégations.

La RDC traverse une crise politique depuis la réélection contestée de Joseph Kabila en 2011 à l’issue d’un scrutin marqué par des fraudes massives. Celle-ci est exacerbée par l’incapacité des autorités – volontaire, selon les détracteurs du chef de l’État – à organiser l’élection présidentielle avant la fin de l’année.

Les 19 et 20 septembre, au moins 53 personnes – 49 civils et 4 policiers – ont été tuées, selon l’ONU, lors d’une manifestation à l’appel d’une large coalition d’opposition, le « Rassemblement », constitué autour de l’opposant historique Étienne Tshisekedi à trois mois de la fin du mandat de M. Kabila pour lui signifier son « préavis » et exiger son départ le 20 décembre.

Les autorités et la coalition d’opposition se renvoient mutuellement la responsabilité de ces violences.

Mardi à Kinshasa, la majorité au pouvoir et une frange minoritaire de l’opposition ont signé un accord reportant à avril 2018 la présidentielle censée avoir lieu cette année. Cet accord a immédiatement été rejeté par le « Rassemblement ».

Avec AFP

http://www.voaafrique.com/a/enquete-sur-les-violences-a-kinshasa-l-onu-denonce-les-restrictions-imposees-par-les-autorites/3560758.html


Les Nations unies livrent leur version des violences entourant la manifestation du 19 septembre dernier. Dans un rapport préliminaire publié ce vendredi, le bureau conjoint des Nations unies aux droits de l’homme détaille les violations des droits de l’homme commises entre le 19 et le 21 septembre. Au moins 53 morts, 143 blessés et 299 arrestations arbitraires ont été recensés, ainsi que la destruction de biens publics comme privés. Ces violences sont majoritairement imputables, selon l’ONU, aux forces de sécurité, la police et l’armée.

Sur les 53 victimes recensées par l’ONU, 48 ont été tuées par des agents étatiques. C’est le premier constat de ce rapport. Quatre policiers ont également été tués par des manifestants, un aurait été battu et brulé vif et trois autres battus à mort, dont une femme policier.

Au moins 143 personnes ont été blessées durant les manifestations : 75 par les forces de sécurité, dont une vingtaine de femmes et d’enfants. Pour les 68 autres, l’ONU n’a pas été en mesure d’identifier les responsables, mais la majorité d’entre eux ont été blessés par balles. Au moins 299 arrestations sont qualifiées d’arbitraires dans ce rapport, dont celles de huit journalistes…

http://www.rfi.fr/afrique/20161021-violences-septembre-rdc-forces-ordre-accusees-onu?ref=tw_i

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